Egyptonîmes – 15/01/22 rencontre égyptologique

 16ème Rencontre d’Égyptologie de Nîmes.
Le thème  de cette Rencontre est :

« Le Nil ; Vie et Prospérité ».

Vous trouverez ci-après le programme de cette journée qui se déroulera dans l’auditorium de l’hôtel
NOVOTEL – ATRIA. Le prix d’entrée est de 30€. L’entrée est gratuite pour les étudiants de moins de 28
ans, sur présentation de leur carte.

Programme et détails pratiques :  egyptonimes-2022-détails
Programme : Lire la suite
Matin : 9h – 12h

« L’eau et la terre : le Nil comme désignation du territoire ».
François GHIRINGHELLI – Doctorant, assistant en Égyptologie à l’Université de Genève

La documentation pharaonique, du Nouvel Empire principalement, fournit une quantité appréciable d’attestations des branches
du Nil dans le Delta. Ces documents permettent d’obtenir une vision relativement précise du nombre et de l’emplacement des
effluents du fleuve en Basse Égypte. Toutefois, certains d’entre eux présentent une dissonance qui amène à considérer que les
hydronymes ne désignent pas nécessairement le cours d’eau lui-même, mais également le bassin hydrographique
correspondant. Les branches du Nil pourraient ainsi servir de désignations des différentes parties du territoire deltaïque, plaçant
ainsi le Nil au cœur même de la conception que les anciens Égyptiens se faisaient de leur propre territoire.

« Apprivoiser un fleuve indomptable : les paysans d’Egypte face au Nil »
Damien Agut-Labordère – (CNRS UMR 7041 ArScAn, Nanterre)

Laissant volontairement de côté les approches religieuses ou politiques du Nil pharaonique, cette conférence visera à présenter
la manière dont les paysans égyptiens sont parvenus, au fil des millénaires, à se concilier le fleuve et à mettre au point une des
agricultures les plus productives du monde antique. La tâche n’avait, au départ, rien d’évident ; fleuve tropical, le Nil ne s’est pas laissé dompter avant une date très récente. Toutefois, la mise en place progressive de pratiques agricoles parfaitement
adaptées, non seulement au rythme de la crue, mais aussi, aux ardeurs du soleil a permis de nourrir une population nombreuse
et de faire de l’Egypte le principal grenier de la Méditerranée.

Après-midi : 14h – 18h

« Fleuve du corps et fleuve d’Egypte : les analogies entre le sang et le Nil dans les textes égyptiens »
Clémentine AUDOUIT – Docteur en Égyptologie, Université Paul Valéry – Montpellier 3

Cette conférence propose de montrer le lien à la fois lexical et fonctionnel entre le sang et le Nil dans la pensée égyptienne. En effet, dans de nombreux contextes, ces deux liquides vitaux sont liés par l’utilisation répétée de comparaisons ou de métaphores. Beaucoup d’exemples se découvrent dans les papyrus médico-magiques du Nouvel Empire où les mécanismes du corps peuvent être décrits de la même manière que ceux du paysage. Ainsi, l’organisme serait composé d’espaces irrigués ou desséchés par la présence ou l’absence de sang alors que les zones environnantes peuvent être qualifiées de mer “canal”, sèch “marais” ou dényt “digue”. D’autre part, l’image du Nil coloré par des flots de sang est connue bien avant les écrits bibliques. Les textes littéraires utilisent cette métaphore lorsqu’ils dépeignent la situation du pays lors de conflits civils tandis que les inscriptions royales évoquent les champs de bataille submergés par le sang des étrangers. Enfin, les écrits rituels mettent en scène des dieux qui, eux aussi, répandent des rivières de sang sur les sols d’Égypte. Mais ici l’inondation rouge est providentielle, car elle prédit le retour de la végétation. Cette présentation participe à la compréhension du Nil dans la pensée ancienne, sous le prisme d’une véritable adéquation entre micro et macrocosme.

« La fortification égyptienne (évolution et principes)»

Franck Monnier – Egyptologue – Ingénieur

Pour protéger leurs biens et se prémunir des attaques de toute nature, les Égyptiens ont dû très tôt élever des murailles autour de leurs établissements. L’archéologie a révélé que la fortification avait connu un développement remarquable le long de la vallée du Nil. La sophistication de leur architecture militaire interroge sur les principes qu’ils ont pu énoncer et sur les moyens de les transmettre. Quel était donc le degré de cet « art de la fortification » ?

« Une thématique de la pensée égyptienne : le fleuve, la montagne et le ouâdi inondé. »
Pascal Vernus – Directeur d’étude émérite à l’EPHE, Paris

Ce paradoxe d’une eau présente là où règne l’aride, l’idéologie pharaonique se l’est bien entendu approprié. Dans sa démarche holistique, elle fait de la pluie une manifestation de la crue « qui inonde les deux reliefs (Dw.wy) de sa sueur » ; « qui fait se rassasier l’étendue aride (xAs.t) qui se trouve loin de l’eau ; c’est l’effet de sa rosée quand elle descend du ciel » ; « les reliefs (Dw.w) et les étendues arides (xAs.wt), ils verdissent grâce à l’eau venue du ciel ». Les lieux où les pluies, concentrées dans des ouadis, s’étaient manifestées de manière particulièrement spectaculaire étaient sacralisés ; cas exemplaire, la grotte cascade de la Vallée des reines.

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