Livre : L’infini dans un roseau

« L’Infini dans un roseau. L’invention des livres dans l’Antiquité »
(El Infinito en un junco), d’Irene Vallejo
traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet, Les Belles Lettres,
voir:  le site des belles lettres
(information J Sansot)

description Le Monde 

LES LIVRES FONT L’HUMANITÉ
Ce fut la plus grande bibliothèque du monde. La première à faire ce rêve : rassembler l’univers, réunir toutes les cultures connues, embrasser langues et savoirs les plus divers, contenir enfin tous les livres, rouleaux, papyrus, tablettes.

Elle voulut recueillir les textes grecs comme ceux des étrangers – Egyptiens, Perses, Chaldéens, Scythes, Indiens, juifs… – que l’appellation de « barbares » n’empêchait pas d’être savants ni d’être sages. Alexandrie, à partir du IIIe siècle avant notre ère, abrita ainsi des centaines de milliers d’œuvres, dans un entrelacs sans pareil de réalités archéologiques et de légendes sans nombre.

L’ombre d’Alexandre, sa démesure aussi, plane sur cette bibliothèque dont l’épopée se poursuit glorieusement durant des générations, avant le désastre qui la voue à disparaître. Cette extraordinaire aventure se confond avec l’histoire des livres comme avec celle des idées. Entamée sous l’impulsion de Ptolémée Sôter – général macédonien, compagnon d’Alexandre, devenu satrape d’Egypte au partage de son empire –, et sous le contrôle de Démétrios de Phalère, premier bibliomane de l’histoire, cette grande saga, au fil des siècles, révèle un paysage bigarré. On y croise, entre autres, des chasseurs de manuscrits expédiés au bout du monde, des disciples d’Aristote inventant classifications et catalogues, des grammairiens élaborant les rudiments de la philologie critique.

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